vendredi 30 octobre 2015

Association de condensateurs (série / parallèle)

Vous êtes en train de construire un circuit électronique en vous basant sur un schéma trouvé sur internet lorsque vous découvrez avec stupeur qu'il vous faut un condensateur de 15 µF, et que vous n'en avez pas!

Toutefois, vous disposez de deux condensateurs: un de 10 µF, et un autre de 5 µF:  vous pouvez les combiner pour obtenir l'équivalent d'un seul condensateur de 15 µF...  Mais vous les branchez comment?  En série, ou en parallèle?

Attention:  des condensateurs ne sont pas des résistances!   Pour obtenir une capacité totale de 15 µF, il faudra brancher vos deux condensateurs en parallèle.

Une petite démonstration:

Au moyen d'un capacimètre, nous mesurons la capacité d'un premier condensateur.   Résultat:  4,966 µF.



Nous mesurons ensuite la capacité d'un deuxième condensateur:  9,166 µF.



Branchons maintenant les deux condensateurs en série.


Lorsque ces deux condensateurs sont branchés en série, la capacité de la paire de condensateurs est de 3,2202 µF (ce qui est plus petit que la capacité individuelle des condensateurs).




Cette valeur aurait pu être calculée de la façon suivante:



Branchons maintenant les deux condensateur en parallèle.



Résultat: 14,134 µF.



Il s'agit bien l'addition des deux capacités:




Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

mardi 27 octobre 2015

Contrôler les pins GPIO de l'OrangePi PC

Mise à jour (1er janvier 2017): Dans cet article, je fais référence à l'OS Rasbpian pour OrangePi PC, qui semblait la meilleure option à l'époque. De nos jours, il est nettement préférable d'utiliser Armbian).

Je vous présente aujourd'hui quelques conseils pour interagir avec les pins GPIO de l'OrangePi PC par l'intermédiaire d'un script en python. Nous allons d'abord faire clignoter une LED, puis lire l'état d'un bouton poussoir.

Tout d'abord, je précise que j'ai fait tous mes tests en utilisant Raspbian (version pour OrangePi PC disponible ici). En principe, je suppose que ça devrait fonctionner avec n'importe quelle distro conçue pour l'OrangePi PC, mais la semaine dernière j'avais essayé sans succès sous Linux Vivid Mate (version Loboris), et l'installation de la bibliothèque avait échoué.

Installation de la bibliothèque OrangePi PC GPIO pyH3

Pour interagir avec les pins GPIO en python, j'ai installé la bibliothèque "OrangePi PC GPIO pyH3" qui a été mise au point par un utilisateur de l'OrangePi PC à partir d'une bibliothèque mise au point chez Olymex pour une autre carte utilisant le même processeur.  Tout d'abord, vous téléchargez le fichier sur votre OrangePi (bouton "Download Zip" à droite de la page), vous le décompressez, et vous exécutez le script d'installation en écrivant "python setup.py install" dans le terminal.


Numérotation des pins

Tout comme pour le Raspberry Pi, il existe deux façons de numéroter les pins GPIOs de l'OrangePi PC.  En mode "connector", les pins sont numérotées dans le même ordre que leur disposition sur la carte.  Il s'agit des mêmes numéros que pour le Raspberry Pi en mode "board".  En mode "port", les pins sont numérotées en fonction de leur disposition sur le processeur.

Le schéma ci-dessous montre le numéro des 40 pins en mode "connector" (en bleu) et en mode "port" (en jaune).


Par exemple, vous pouvez constater que la pin qui porte le numéro 3 en mode "connector" est désignée "PA12" en mode "port".  Ainsi, vous pouvez accéder à cette pin en l'appelant "port.PA12" ou encore "connector.gpio1p3".

La pin qui porte le numéro 40 en mode "connector" est désignée "PG7" en mode "port".  Vous pouvez donc l'appeler "port.PG7" ou "connector.gpio1p40".

J'ai toutefois remarqué que les pins 11 et 13 sont interverties en mode "connector", dans la bibliothèque:  "connector.gpio1p11" fait référence à la pin 13, et "connector.gpio1p13" fait référence à la pin 11! (Ce sera certainement réparé dans une future version de la bibliothèque).

Autre bizzarerie: pour faire fonctionner la pin 13, je dois l'appeler "port.PA0", mais d'après le manuel d'utilisateur de l'OrangePi PC, elle devrait s'appeler PA2.

Pin en sortie:  clignotement d'une LED

Voici, comme premier exemple, l'utilisation de la pin 3 (PA 12) en sortie, pour faire clignoter une LED.



Ce script utilise la désignation "port":


Ce script fait la même chose, mais utilise le mode "connector":


Pin en entrée: lecture d'un bouton poussoir

Voici maintenant un exemple d'utilisation de la pin 3 (PA 12) en entrée, afin de lire l'état d'un bouton poussoir.



Voici le script en version "port":


Et voici le script en version "connector":


Un message nous indique l'état du bouton chaque fois qu'il change:



Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

dimanche 25 octobre 2015

Raspbian pour OrangePi PC: ça fonctionne!

Il y a 3 semaines, je partageais avec vous mes premières impressions concernant l'OrangePi PC, petit cousin asiatique du Raspberry Pi, disponible au prix dérisoire de $15.  À ce moment, ma réaction était mitigée:  malgré ce qui avait été promis lors de l'achat, aucune version de Raspbian n'était offerte pour l'OrangePi PC, et pour jouir d'une connexion ethernet et de 3 ports USB fonctionnels, j'avais été obligé d'utiliser une version non-officielle d'Ubuntu Vivid Mate mise au point par un utilisateur du forum OrangePi.

Il y a quelques jours à peine, une version de Raspbian pour l'OrangePi PC a finalement été mise en ligne, et la situation s'est déjà considérablement améliorée.  Comme vous pourrez le lire plus loin dans cet article, j'ai réussi à contrôler les pins GPIO de l'OrangePi PC par python sans rencontrer de problème majeur.

Download de Raspbian pour OrangePi PC

En principe, Raspbian pour l'OrangePi PC peut être téléchargé ici.  Au moment où j'écris ces lignes, toutefois, le lien vers Google Drive n'est pas fonctionnel, et la version sur Baidu est pratiquement impossible à obtenir si vous n'habitez pas en Chine.  Heureusement, un utilisateur du forum l'a placée sur Mega; c'est là que j'ai obtenu ma copie.

Installation de Raspbian pour OrangePi PC

Le fichier est en format .xz : il faut d'abord le décompresser (j'ai utilisé le logiciel 7-Zip).  Suite à cette décompression, vous obtenez un fichier de format .img qui vous permet de graver Raspbian sur une carte microSD (j'ai utilisé le logiciel Win32DiskImager).  Il est préférable que la carte ait préalablement été initialisée au moyen du logiciel SDFormatter.

Utilisation et configuration de Raspbian

Par défaut, notre nom d'utilisateur est "root" et notre mot de passe est "orangepi".  Vous disposez donc de tous les pouvoirs d'administrateur sans même avoir besoin d'écrire "sudo".

Le premier démarrage sous Raspbian n'a présenté aucun problème:  un fond d'écran nous rappelle qu'il ne s'agit pas d'un Raspberry Pi, mais pour le reste on a bel et bien l'impression d'utiliser un Raspberry Pi muni de l'ancienne interface de Raspbian, à l'époque où le menu qui donne accès aux applications était situé en bas à gauche.


Plusieurs applications sont pré-installées, dont Midori, Scratch , Mathematica et Arduino (version 1.0.1).

Contrairement à ce qui m'était arrivé il y a 3 semaines, tout semble fonctionner correctement, y compris les trois ports USB et la connexion au réseau par câble ethernet.  J'ai installé sans problème TightVNCServer (en faisant "apt-get install tightvncserver") et je peux donc utiliser l'interface graphique de l'OrangePi à partir d'un autre ordinateur.

Seule ombre au tableau:  j'ai essayé de configurer une communication en WiFi dans WPA_GUI, mais l'OrangePi ne détecte pas la présence de mon dongle WiFi.  Il ne s'agit pas d'un dongle officiellement supporté par le Raspberry Pi, mais il a toujours fonctionné sans problème avec le Raspberry Pi (version 1 et 2).  Au rythme où vont les choses, j'ai bon espoir que cet irritant soit corrigé dans un proche avenir.

Clignotement d'une LED avec python

Ha oui, mais le présent article est publié dans un blog pour amateurs d'électronique, et l'OrangePi n'aura d'intérêt pour nous qu'à la condition de pouvoir interagir efficacement avec ses pins GPIO.

Dans un premier temps, j'ai essayé de faire clignoter une LED au moyen d'un script en python qui avait été conçu pour le Raspberry Pi, en utilisant les instructions que j'avais moi-même publiées dans cet article.  Raté:  confronté à l'instruction "import RPi.GPIO as GPIO", Python m'a répondu "This module can only be run on a Raspberry Pi!".  Zut, j'étais démasqué!

Ensuite, j'ai installé la bibliothèque "OrangePi PC Gpio PyH3":  après avoir downloadé et décompressé le fichier zip (bouton "Download Zip" en bas à droite de l'écran), on navigue avec le terminal jusqu'au répertoire et on écrit "python setup.py install".

J'ai ensuite essayé le script "blink_led.py" fourni en exemple avec la bibliothèque, et ça a marché du premier coup.  Le port PA12 m'a laissé un peu perplexe, mais par essai/erreur j'ai découvert qu'il s'agit de la pin qui, sur un Raspberry Pi, porte le numéro 2 (en numérotation BCM) ou 3 (en numérotation Board).  C'est donc là qu'on branche la LED.



Je me suis limité à ça pour l'instant:  il me reste encore à tester des trucs un peu plus délicats (SPI, I2C, etc.), mais ça s'annonce bien!

Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

lundi 19 octobre 2015

Scratch sur Raspberry Pi (2): bouton poussoir

Comme deuxième expérience impliquant le logiciel Scratch et les pins GPIO du Raspberry Pi, je vous propose la mise en place d'un bouton poussoir qui permettra de faire bouger un chat à l'écran.

La dernière fois, nous avions mis au point un programme Scratch qui allumait une LED, pour ce faire, nous avions dû définir la pin GPIO 14 comme une sortie.  Selon le bon vouloir de notre programme, cette sortie pouvait se régler à une tension de 0 volt, ou de 3,3 volts.

Avec un bouton, c'est le contraire:  la pin GPIO 14 sera une entrée. Sa tension de 0 volt ou de 3,3 volts sera contrôlée par le bouton, et non par notre programme.  Par contre, notre programme sera capable de lire l'état de cette entrée (0 ou 3,3 volts), et d'accomplir certaines tâches en fonction de cette valeur.

Le circuit

Un bouton poussoir et une résistance (de 10 kΩ, par exemple) sont branchées au Raspberry pi de la façon illustrée ci-dessous (le fil noir est branché à une des pins GND, le fil rouge est branché à une des pins 3V3, et le fil violet est branché à la pin GPIO 14).

De cette façon, lorsqu'on n'appuie pas sur le bouton, aucun courant ne circule dans la résistance, et le potentiel de la pin GPIO 14 est de 3,3 volts.  Lorsqu'on appuie sur le bouton, le potentiel de la pin GPIO 14 devient nul.

Construction du programme

Tout comme la dernière fois, nous démarrons Scratch, qui se trouve dans la catégorie "Programmation" du menu de Raspbian, et nous sélectionnons "Start GPIO Server" dans le menu "Éditer" de Scratch.


Cliquons sur le bouton "Contrôle" en haut à gauche, et glissons dans la zone centrale notre premier bloc, qui nous permettra de démarrer notre programme au moyen du bouton ayant la forme d'un drapeau vert.


L'étape suivante consiste à configurer la pin GPIO 14 du Raspberry Pi comme une entrée.  Pour ce faire, vous imbriquez sous le bloc précédent un bloc "envoyer à tous".  Après avoir cliqué sur son bouton en forme de triangle inversé, vous écrivez l'instruction "config14in".


Nous voulons ensuite que notre programme vérifie continuellement l'état de notre pin 14, afin qu'on sache si le bouton qui y est branché est enfoncé ou non.  Cette action sera répétée sans arrêt jusqu'à l'interruption du programme, grâce à un bloc "répéter indéfiniment".


À l'intérieur du bloc "répéter indéfiniment", nous allons placer une condition "si", car le chat ne bougera que si le bouton est enfoncé.


Allez maintenant dans la catégorie "Opérateurs", et placez l'opérateur d'égalité à l'endroit prévu pour placer une condition:


Cliquez maintenant dans la catégorie "Capteurs", et placer un bloc "valeur du capteur" à gauche du signe d'égalité.


Le type de capteur a été réglé par défaut à "glisseur":  remplacez-le par "gpio14" (si "gpio14" ne figure pas dans la liste, cliquez sur le bouton en forme de drapeau vert à la droite de la fenêtre afin d'exécuter le programme, puis cliquez sur le cercle rouge pour l'interrompre).


Écrivez le chiffre "0" dans l'espace situé à droite du signe d'égalité.


Il ne reste plus qu'à indiquer les actions qui doivent être accomplies pendant que le bouton est enfoncé.  Ici, j'ai choisi une rotation de 15 degrés (disponible dans la catégorie "Mouvement" suivie d'un délai d'un dixième de seconde.


Vous pouvez maintenant démarrer votre programme en cliquant sur le drapeau vert (situé du côté droit, au-dessus du chat).  Le chat devrait tourner dans le sens horaire, mais seulement pendant que vous enfoncez le bouton poussoir.  Lorsque vous relâchez le bouton, le chat cesse de tourner.

Si vous remplacez le chiffre 0 par le chiffre 1 à droite du signe d'égalité, c'est le contraire qui se produit:  le chat tourne pendant que le bouton est relâché, et il s'immobilise uniquement pendant que vous enfoncez le bouton.


Une dernière chose:  si vous désirez afficher à l'écran l'état de la pin GPIO 14, allez dans la catégorie "Capteurs", dans le bloc "valeur du capteur" remplacez "glisseur" par "gpio14", et cochez la case située à gauche du bloc:  la valeur de la pin (0 ou 1, selon que le bouton est enfoncé ou non) sera affichée pas très loin du chat.





Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

samedi 17 octobre 2015

Scratch sur Raspberry Pi (1): Faisons clignoter une LED

Fourni par défaut avec Raspbian, Scratch est un logiciel conçu pour enseigner la programmation aux jeunes de 8 à 16 ans.  Vous pensiez peut-être que Scratch se limite à déplacer un chat virtuel dans une fenêtre? Détrompez-vous:  depuis la sortie de Raspbian Jessie, il est maintenant possible d'utiliser Scratch pour contrôler les pins GPIO du Raspberry Pi, sans qu'il soit nécessaire d'installer le moindre module supplémentaire (ce tutoriel suppose donc que vous utilisez la plus récente version de Raspbian).

Comme point de départ, faisons clignoter une LED.

Le circuit

Le circuit est constitué d'une LED branchée en série à une résistance de protection (220 Ω, par exemple).

Le tout est branché à la pin BCM 14 et à une des pins GND, tel qu'illustré ci-dessous.  GND est la 3e pin en haut à partir de la gauche, alors que 14 est la 4e pin en haut à partir de la gauche.

Attention, la LED n'est pas réversible:  c'est sa broche la plus longue qui doit être branchée à la pin 14.



Démarrons Scratch

Vous pouvez démarrer Scratch au moyen du menu, dans la catégorie "Programmation".




Scratch affiche, dans la partie gauche de sa fenêtre, des blocs contenant des instructions.  Ces blocs peuvent être déplacés dans la zone centrale pour former un programme qui s'exécute généralement dans la zone de droite.


Puisque nous désirons contrôler les pins GPIO, nous allons dans le menu "Éditer" et sélectionnons l'article "Start GPIO Server" (qui sera certainement traduit en français dans une future mise à jour de Scratch).



Allumons une LED

Dans la zone de gauche, en haut, cliquez sur le bouton "Contrôle".   Les blocs disponibles dans la zone de gauche sont maintenant de couleur orange.



Faites glisser dans la zone centrale le bloc "Quand (drapeau vert) est pressé":  ceci nous permettra de démarrer notre programme (lorsqu'il sera terminé) en cliquant sur le bouton qui a la forme d'un drapeau vert, dans la zone de droite (au-dessus du chat).



Glissez maintenant le bloc "envoyer à tous" en l'imbriquant sous le bloc précédent, comme une pièce de puzzle.



Cliquez sur le triangle inversé dans le bloc "envoyer à tous" et choisissez "nouveau/edit...".


Dans la boîte de dialogue, vous écrivez "config14out":  cette instruction permet de régler la pin numéro 14 en sortie.


Faites glissez dans la zone centrale un deuxième bloc "envoyer à tous" (en provenance de la zone de gauche).  Vous l'imbriquez sous les deux blocs précédents.  Dans ce bloc, vous écrivez l'instruction "gpio14on", qui ordonne au Raspberry Pi d'activer la pin numéro 14.



Un clic sur le drapeau vert en haut à droite de la fenêtre de Scratch devrait exécuter le programme, et la LED devrait donc s'allumer!


lundi 12 octobre 2015

Construction d'une horloge avec deux galvanomètres

Voici le compte rendu de la construction d'une horloge constituée de deux galvanomètres à cadre mobile, d'un Arduino et d'une horloge temps réel (RTC pour "Real Time Clock") DS1307.  Il s'agit d'un projet simple à la portée des débutants.

J'ai déjà rédigé un article sur la construction d'une horloge à base d'Arduino et de RTC DS1307, mais il s'agissait d'un modèle très conventionnel d'horloge à affichage numérique, identique à ce qu'on peut acheter tout fait pour deux fois rien dans n'importe quelle boutique.

Un des plaisir de construire soit même une horloge, toutefois, c'est d'arriver à un résultat exclusif: fabriquer une horloge qui a quelque chose de particulier, qu'on ne retrouve pas dans les commerces.  Cette horloge répond parfaitement à ce critère, puisqu'elle utilise deux graduations distinctes pour indiquer l'heure et les minutes.

Le galvanomètre à cadre mobile

Avant les années 1980, la plupart des multimètres et autres instruments de mesure étaient analogiques:  la mesure était affichée par une aiguille qui se déplaçait au-dessus d'une graduation:  le galvanomètre à cadre mobile.  L'aiguille rotative était fixée à un petit bobinage de fil conducteur placé dans un champ magnétique:  plus le courant traversant la bobine était grand, plus l'aiguille subissait une forte déviation causée par la force magnétique.

Il est encore possible d'acheter un tel dispositif (en cherchant "analog panel" sur eBay, par exemple), mais si vous avez la chance de mettre la main sur de vieux appareils qui étaient destinés à la poubelle, c'est encore mieux!

Pour ma part, j'ai utilisé un module constitué de deux galvanomètre, que j'avais récupéré à l'intérieur d'une chaîne stéréo datant du début des années 1980.  Il s'agissait de deux indicateurs qui aidaient l'utilisateur lors de la syntonisation d'une chaîne de radio FM:  l'indicateur de gauche indiquait la puissance du signal, alors que celui de droite se positionnait au centre lorsque la fréquence sélectionnée était optimale.



Choix d'une résistance de protection pour le galvanomètre

Un galvanomètre à cadre mobile est un dispositif fragile!  Si vous le branchez directement à une source de tension sans le protéger au moyen d'une résistance suffisante placée en série, vous risquez de le détruire en très peu de temps.

Commencez avec une grande résistance en série avec le galvanomètre, et alimentez le circuit avec une faible tension:  si tout va bien, l'aiguille devrait être légèrement déviée vers la droite.  Si elle se rend brusquement au maximum de l'échelle, débranchez tout!  Le courant est probablement trop fort dans le bobinage du galvanomètre:  il vous faut une résistance plus grande ou une tension plus faible.  Si l'aiguille ne bouge pas du tout, le courant circule peut-être dans la mauvaise direction (donc l'aiguille tente en vain de dévier plus à gauche):  inversez la polarité pour vérifier si c'est le cas, au lieu d'immédiatement augmenter le courant.


Lorsque vous êtes certain d'avoir correctement branché le galvanomètre, il reste à trouver la valeur de résistance qui permet d'atteindre le maximum de l'échelle (ou à peu près) lorsque la tension d'alimentation est de 5 volts (ça peut être utile d'utiliser un potentiomètre pour trouver cette valeur).  Dans mon cas, une résistance de 10 kΩ faisait parfaitement l'affaire.

Pour atteindre des valeurs intermédiaires, il s'agira d'alimenter le galvanomètre au moyen d'un signal PWM de l'Arduino.  Il ne sera même pas nécessaire d'ajouter un filtre passe-bas pour modifier le signal PWM en véritable tension continue:  l'aiguille demeurera immobile grâce à son inertie.


samedi 3 octobre 2015

Orange Pi PC, l'ordinateur à $15: premières impressions

Attention:  depuis la parution de cet article, une version fort convenable de Raspbian pour l'OrangePi PC a été lancée.  Voir mon article à ce sujet.

Il y a quelques semaines, quand j'ai appris l'existence de l'OrangePi PC, un mini ordinateur similaire au Raspberry Pi et offert au prix incroyable de 15 USD, je n'ai pas pu m'empêcher d'en commander un.

Sur papier, l'offre est alléchante:  processeur AllWinner H3, port HDMI, port ethernet, 3 ports USB, 40 pins GPIO disposées de la même façon que celles du Raspberry Pi, un récepteur infrarouge, un microphone...avec la possibilité d'utiliser plusieurs systèmes d'exploitation (Raspbian, Ubuntu, Debian, Android) et tout ça pour environ la moitié du prix d'un Raspberry Pi 2!

Je dois admettre que j'avais tout de même un peu hésité après avoir été témoin de la levée de boucliers qui avait suivi l'annonce de la sortie de l'OrangePi PC sur le forum de discussion de www.orangepi.org :  les utilisateurs des modèles précédents (Orangepi Mini 2, Orangei Plus, etc.) semblaient à peu près unanimes pour affirmer qu'il était prioritaire de développer des versions stables et fonctionnelles des systèmes d'exploitation plutôt que de sortir de nouvelles cartes.

Un peu inquiétant, non?  Mais j'ai quand même décidé d'en commander un exemplaire car l'investissement était minime et, comme vous le confirmera n'importe quel propriétaire de casino: "qui ne risque rien n'a rien"!

Après quelques semaines d'attente, j'ai reçu mon Orange Pi il y a quelques jours.  Voici mes premiers commentaires.

(Mise en garde:  je suis loin d'être un spécialiste.  J'utilise un Raspberry Pi avec un certain succès depuis 2 ans, mais je suis encore très néophyte en Linux.)

1°  Bonne nouvelle:  il ne s'agit pas d'un canular

J'ai bel et bien reçu le produit.  Malgré quelques imperfections (que j'énumérerai plus loin), ça fonctionne!

2°  Trouver une alimentation adéquate

L'OrangePi PC requiert une alimentation de 5 V pouvant fournir au moins 2 A. Mais contrairement au Raspberry Pi, cette alimentation ne doit pas être branchée dans le port mini-usb.  Je ne sais pas si c'est la même chose en Europe, mais le connecteur réservé à l'alimentation de l'Orange Pi est plus petit que ce qu'on retrouve habituellement en Amérique du Nord (plus petit que celui de l'Arduino, par exemple).  J'ai une boîte à chaussure remplie de blocs d'alimentation, mais aucun n'était muni d'une fiche ayant la taille appropriée.  J'ai finalement réussi à bricoler un adaptateur me permettant d'utiliser une alimentation de labo (si vous vous posez la question:  la pointe centrale est positive, alors que le tube extérieur est la masse).

Je crois qu'il est possible de vous procurer une alimentation au moment où vous commandez la carte: ça peut être une bonne idée.


3° Premier essai:  Raspbian

Bien que la description officielle de l'OrangePi PC indique explicitement Raspbian parmi les systèmes d'exploitation supportés, aucune version officielle de Raspbian pour l'Orange Pi PC n'est présentement offerte sur la page de téléchargement.  Mais puisque j'avais lu quelque part que la version de Raspbian destinée à l'OrangePi mini 2 faisait tout aussi bien l'affaire, c'est ce que j'ai d'abord installé, dans l'espoir de me retrouver en terrain connu.

Ça a démarré sans problème et tout semblait formidable, mis à part deux irritants:

- un seul des 3 ports USB était fonctionnel.  Pas vraiment problématique dans l'immédiat:  je pouvait toujours me débrouiller en branchant clavier et souris sur un hub USB.

- port ethernet non fonctionnel!  Ça, c'était tragique. Impossible d'accéder à l'internet à partir de l'Orange Pi, impossible d'accéder à l'OrangePi par SSH...  Pour compliquer les choses, l'Orange Pi ne reconnaît pas le dongle WiFi que j'utilise sans problème avec le Raspberry Pi.

4° Le forum de discussion:  une poignée d'utilisateur désemparés

Je ne sais pas sur quelle sorte de machine le forum de discussion est hébergé, mais le moins qu'on puisse dire c'est que ça ne bat aucun record de rapidité.  On a parfois l'impression de surfer sur internet avec un modem de 150 bits/s.

Et cette lenteur n'est certainement pas causée par un trafic excessif; de toute évidence, la base d'utilisateurs de l'OrangePi est encore bien modeste.  Les quelques messages quotidiens sont souvent des plaintes du genre "Mon OrangePi ne fonctionne pas, que dois-je faire?" et des réponses du genre "C'est pareil pour moi!".  Vous pourriez croire qu'un représentant du service après vente se précipite pour tenter de résoudre le problème, mais non (je crois qu'ils sont partis en vacance quelque part où il n'y a pas d'internet). Ce forum a un urgent besoin de gourous bénévoles qui pourront répondre à toutes les questions à coup de "écrit sudo solutionmagique -x -y -z, ça devrait régler ton problème".

J'ai quand même pu constater qu'un certain nombre d'utilisateurs se plaignaient des mêmes problèmes que moi, et un utilisateur nommé Loboris leur proposait d'utiliser les images d'OS qu'il avait lui-même mises au point, plutôt que les versions officielles (unanimement décriées) proposées par le fabriquant.  Il faut suivre ses instructions pour s'assurer que ça fonctionne correctement sur notre modèle d'OrangePi.

5° Deuxième essai:  Debian Jessie, version Loboris

Nouvelle tentative, donc, en utilisant la version de Debian Jessie proposée par Loboris.  Même résultat, malheureusement:  un seul port USB fonctionnel, et toujours pas de connexion au réseau.

6° Troisième essai:  Ubuntu Vivid Mate, version Loboris

Je m'acharne, malgré tout:  les versions de Loboris semblent régler les problèmes d'un tas d'utilisateurs, pourquoi pas moi????   Alors j'installe Ubuntu Vivid Mate.

Bingo!  Cette fois le port ethernet fonctionne.  Je peux à peine retenir mes larmes de joie, au moment où je réussis à accéder à mon blog préféré à partir de l'OrangePi!



7° Et ensuite?

Il me reste encore pas mal de choses à régler:  je peux accéder à l'OrangePi par SSH, mais ma tentative d'y accéder par VNC a lamentablement échoué.  Lorsque j'utilise un écran HDMI, je ne vois pas la totalité du bureau (il me manque peut-être 5% de l'image sur les bords de l'écran), ce qui m'oblige à cliquer à l'aveuglette quand je veux utiliser les menus qui sont, justement, situés dans la zone que je ne vois pas.  Lorsque je tape des commandes dans le terminal, je reçois souvent des messages d'erreur plutôt louches.  Et je ne suis pas convaincu qu'Ubuntu Vivid Mate soit l'OS le plus approprié pour répondre à mes besoins:  c'est quand même un peu lent, ce truc (Raspbian me semblait beaucoup plus rapide).

Je me doute bien qu'une bonne partie de ces problèmes seraient facile à régler si je m'y connaissais un tout petit peu plus en Linux, mais c'est fort possible que je mette mon OrangePi en veilleuse pendant quelques mois, dans l'espoir qu'une âme charitable publie une version stable et pleinement fonctionnelle de Raspbian, qui fonctionnera à la perfection sur l'OrangePi PC.

8° Conclusion:  se procurer un OrangePi PC, ou pas?

Je ne regrette pas mon achat, mais jusqu'à nouvel ordre je vais continuer d'utiliser mon Raspberry Pi 2...

Vous procurer un OrangePi PC dès maintenant peut être une bonne idée si vous vous débrouillez très bien en Linux, et que vous adorez passer des heures à déboguer des ordinateurs qui fonctionnent mal.  Vous devez aussi avoir un certain goût du risque:  certains acheteurs se plaignent d'avoir reçu une carte défectueuse qui refuse obstinément de démarrer, et ils ne sont pas certains de réussir à se la faire rembourser ou remplacer.

Si vous êtes un débutant, le choix est clair:  vous économisez l'argent nécessaire pour vous procurer un Raspberry Pi!

À lire également:  Raspbian pour OrangePi PC, ça fonctionne!

Yves Pelletier   (TwitterFacebook)

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